Je suis Cathy, collaboratrice au service voyages en groupes, et je suis originaire du Bangladesh 🇧🇩. Une partie de ma famille vit encore là-bas, dans la ville de Rangamati, au cœur des Chittagong Hill Tracts. Là-bas, douze peuples autochtones vivent entre lacs et montagnes. La région est magnifique. Une végétation dense, de l’eau à perte de vue et des habitations traditionnelles disséminées un peu partout.

Le Bangladesh : entre collines, lacs et hospitalité.

Les Chakma, le peuple autochtone le plus nombreux du pays, sont d’une nature très curieuse et particulièrement accueillante. La plupart vivent en communauté avec leurs voisins et forment de véritables micro-villages au sein même de la ville. Certains habitent dans des maisons dont le toit est principalement composé de tôle et de bois, avec des murs réalisés à partir de lanières de bambou tressées. Dit comme ça, cela peut paraître très sommaire. Mais la plupart des familles renforcent les fondations de leur maison avec du ciment, d’autres avec de la terre… Elles font avec les moyens du bord. Elles savent aussi mieux que personne comment se protéger du climat tropical, pas très clément pendant la mousson.

Pour les plus aisés, figurez-vous qu’ils vivent aussi bien, voire parfois mieux que nous ! Lors de mon voyage au Bangladesh en 2020, nous avons rendu visite à des cousines dont le père avait fait fortune dans le commerce du bois. La famille vivait dans une maison moderne de trois étages, entièrement climatisée. La cuisine et les salles de bains étaient comparables à celles que nous connaissons en France. C’était tout le contraire de notre maison familiale, plus modeste et moins équipée… Ou plutôt moins semblable à ce que j’ai l’habitude de voir au quotidien. Le contraste était saisissant. En effet, ce mode de vie est loin d’être la norme, surtout à Rangamati. Il est d’ailleurs très courant que les habitants vivent encore dans des maisons traditionnelles sur pilotis. En raison de la présence du lac et de l’alternance entre une saison sèche et une saison humide, les habitants des Chittagong Hill Tracts doivent composer avec les fluctuations climatiques, notamment la montée des eaux.

Le Bangladesh : l’harmonie avec l’environnement.

Ce qui m’a le plus marquée, c’est l’harmonie dans laquelle les Chakma vivent avec leur environnement. Dans notre maison familiale, un goyavier pousse juste au-dessus du toit. Au bord de la cour se dresse un cocotier qui nous offre des noix de coco toute l’année et surplombe le chemin menant aux rizières, en contrebas du village. En nous promenant, nous avons aussi découvert que les familles qui vivent le plus près de l’eau possèdent toutes leur propre pirogue. Elles sont indispensables pendant la saison des pluies, lorsque le niveau de l’eau monte et que certains chemins deviennent impraticables. Les enfants apprennent d’ailleurs à naviguer dès leur plus jeune âge. Et oui, c’est parfois leur seul moyen de rejoindre la ville et donc de se rendre à l’école tout au long de l’année. Là-bas, ces embarcations font tout simplement partie du quotidien.

Le Bangladesh : l’hospitalité.

Et puis, il y a surtout la chaleur humaine. Lorsque nous sommes arrivés, les « tantines » (qui ne sont pas vraiment nos tantes) sont venues nous serrer dans leurs bras avec enthousiasme. En quelques minutes, c’était tout le village qui était venu nous accueillir. Mes vraies tantes ont rapidement installé des tapis au sol dans la maison afin que chacun puisse s’asseoir et passer un moment avec nous. Les oncles, les cousins et les voisins sont arrivés à leur tour, tandis que les plats commençaient déjà à circuler. Toute la famille tenait à nous faire goûter à sa cuisine. Par ailleurs, ils se réjouissait aussi de constater que ma mère nous avait transmis certaines habitudes. Comme par exemple manger avec la main ou parler la langue locale. Cette transmission orale est d’autant plus important que cette population est encore très peu alphabétisée. En effet, ma grand-mère, par exemple, ne sait même pas écrire son prénom. Chaque voyage au Bangladesh me rapproche de mes racines. Ça me tient à cœur de transmettre cet héritage, de partager cette culture.

Cathy

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