Il y a vingt ans, au tout début de ma carrière dans le tourisme, je montais dans un avion à destination d’Oman. Pour être honnête, je ne connaissais absolument rien de ce pays. Mon entourage me disait : « Tu vas dans quel pays ? « Où est-ce sur la carte? »… A l’époque, sans vouloir jouer les dinosaures, l’accès à l’information n’avait rien à voir avec celui d’aujourd’hui. Et avec le recul, c’est sans doute ce qui a rendu cette expérience encore plus forte : tout n’était que découverte, surprise et émerveillement.

À peine avais-je posé un pied à Oman que je fus frappée par l’accueil incroyable des habitants. Les hommes, vêtus de leurs habits traditionnels, semblaient affranchis de tout marqueur social. Quant aux femmes, pudiques, elles échangeaient des regards empreints de bienveillance. Il y avait là une forme de simplicité et d’humanité qui m’a immédiatement touchée.

Les merveilleux wadis d’Oman

Nous avons pris la route en 4×4 avec notre guide. Rapidement, nous nous sommes arrêtés pour découvrir les wadis. Je me souviens particulièrement d’un village où un vieil homme, assis, observait l’eau. En discutant avec lui, j’ai appris qu’il était le “chef de l’eau” du village. Sa mission : répartir équitablement cette ressource précieuse pour permettre à chacun de cultiver légumes et dattes. Cette organisation reposait notamment sur un système ingénieux, avec un simple caillou placé à un endroit stratégique pour réguler le partage. Une véritable leçon de vie… surtout quand je repensais à mes propres frustrations face à un robinet capricieux à la maison.

Le désert d’Oman

Plus loin, nous nous sommes enfoncés dans le désert pour y planter notre tente (d’une grande enseigne française). Sur le moment, une question nous traversait l’esprit : qu’est-ce que nous faisions là, seuls, au cœur d’une immensité aussi silencieuse ? Notre guide a préparé un repas avec un réchaud de fortune, et nous avons partagé un moment rare, presque suspendu. Le temps semblait s’arrêter. Le silence nous enveloppait, tandis qu’un soleil immense disparaissait lentement derrière les dunes. Le lendemain matin, en sortant de la tente, nous avons découvert une multitude d’empreintes d’insectes autour de nous… comme si la vie continuait discrètement, même dans ce décor que nous pensions immobile.

La montagne du soleil

Puis, direction le Jebel Shams, la plus haute montagne du pays. Si elle porte le nom de “montagne du soleil”, ce n’est pas un hasard. On a véritablement l’impression d’y capter la lumière partout, jusque dans les profondeurs du canyon.

Y revenir

À la fin de ce premier voyage à Oman, je me suis fait une promesse : revenir un jour, et contribuer à faire découvrir cette destination. Et la vie m’en a donné l’occasion. J’ai eu la chance d’y retourner, et au fil du temps, des liens se sont tissés. Au final, nous sommes différents, bien sûr, mais aujourd’hui, ces omanais sont devenus comme une famille.

Emilie

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